Ça m’arrive presque tous les jours : voir des gens mal dans leur peau, avec un gros défaut de confiance en eux, des couples qui se déchirent, des parents qui s’inquiètent de voir leurs enfants hériter de leur mal-être, de leurs difficultés à se positionner dans les relations, et qui pourtant refusent d’aller chercher de l’aide chez un professionnel. Si le coût des séances est un frein légitime pour certains, il est rarement la vraie raison de cet évitement. La cause profonde, souvent, c’est que les gens ont peur de la thérapie et la fuient. La semaine dernière encore, une personne m’a dit : « J’ai trop peur de ce que je vais trouver ! »

Peur de la thérapie ?

Alors si vous faites partie de ces gens qui ont peur, et si vous avez conscience qu’un accompagnement vous aiderait à gagner confiance en vous, à ne plus être débordé(e) par vos émotions et à vous sentir mieux, cet article est là pour vous aider à sauter le pas (de porte d’un thérapeute 😉 ).

Je ne vais pas vous sur-vendre le travail sur soi, et vous dire que ce sera une partie de plaisir : ce serait mentir. Comme vous le pressentez, travailler sur vous va réveiller des émotions que vous refoulez, et ce n’est pas forcément agréable. Pour autant, ce sera probablement moins désagréable que ce que vous imaginez !

Je sais par expérience que la voie de la thérapie est de loin la plus confortable à moyen et long terme. La phrase que j’entends le plus souvent par mes clients est : « Si j’avais su, je serais venu plus tôt ! »

Métaphore coudesque

Imaginons que, à la place d’un blocage émotionnel ou d’un manque de confiance en vous, vous ayez une luxation du coude. Comme un blocage émotionnel, une luxation fait mal et nécessite une intervention (douloureuse, bien plus qu’un coaching !) pour remettre l’articulation en place. Imaginons alors que, par peur, vous décidiez de ne pas faire soigner votre coude, et que vous conserviez cette luxation.

Pour peu que vous ne mobilisiez pas votre coude, vous pouvez apprendre à vivre avec cette luxation et trouver des stratégies d’adaptation pour fonctionner au quotidien sans vous faire trop de mal : manger, vous laver, vous habiller, travailler, et vous faire assister pour toutes les choses que vous n’arrivez pas à faire – ou y renoncer. C’est que l’adaptation a ses limites, et il y a plein de choses que vous aimeriez faire qui vous sont désormais impossibles.

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Pire: cette adaptation va solliciter d’autres articulations et d’autres muscles d’une manière inhabituelle, et créer des tensions déportées : vous voilà avec des contractures douloureuses dans les doigts, dans la nuque, dans le dos. Toutes ces douleurs s’installent progressivement, insidieusement, et provoquent un inconfort permanent qui peut même perturber votre sommeil. Cela rejaillit également sur vos relations, qui ne comprennent pas votre attitude ou en ont marre de devoir systématiquement vous ouvrir le bocal de cornichons.

Filons la métaphore encore un peu, et imaginons que vous avez un enfant en bas âge. Comme un enfant apprend par mimétisme, il va reproduire une partie de vos gestes, de vos stratégies d’adaptation, alors qu’il a un coude qui fonctionne parfaitement. Il va donc, lui aussi, développer des tensions qui découlent directement de ces gestes qu’il a appris en vous imitant … et ses enfants, plus tard, reproduiront les mêmes gestes, et leurs enfants également, créant ainsi une toute une lignée de personnes avec des stratégies d’adaptation et des tensions héritées, alors qu’elles ont un coude en parfait état de marche, juste parce que vous avez préféré vivre avec votre luxation que de vous faire rafistoler. C’est ballot, non ?

De la luxation émotionnelle

Je suppose que, pour un problème physique comme une luxation, l’idée de ne pas vous faire soigner et de vivre avec vous paraît aberrante. Dans notre culture, aller chez le médecin est une pratique commune, et je n’ai jamais vu personne vivre avec une luxation sous prétexte que ça ferait mal de remettre l’articulation en place. Dans le même temps, une grande majorité de personnes ont peur de la psychothérapie parce qu’elles redoutent d’affronter leurs émotions.

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Et je les comprends : dans une société où on croit que les émotions sont une chose dangereuse, à réprimer, beaucoup sont des cocottes-minute émotionnelles sous pression ; ainsi, ils ne sont confrontés à leurs émotions que quand il y en a trop, quand elles débordent en pagaille. Elles sont alors ingérables, excessives, et parfois destructrices. Ces gens-là ne savent pas – VOUS ne savez pas – que des émotions, même fortes, peuvent être exprimées et traitées avec ordre et mesure. Pour info, dans mon cabinet, je traite un à trois blocages émotionnels par séance d’une heure. Ça veut dire que quelques séances suffisent pour réduire significativement le nombre de blocages qui vous polluent la vie. En effet, les outils thérapeutiques modernes (PNL, hypnose, EMDR, Somatic Experiencing) permettent une approche directe et pragmatique, très éloignée des séances psy que vous avez peut-être vus dans des films : normalement, on ressort de chaque séance avec une solution concrète aux problèmes identifiés.

Mais revenons maintenant à notre sujet initial : la peur de la psychothérapie, qui vous dissuade de faire prendre en charge votre luxation émotionnelle. Vous pouvez parfaitement continuer votre vie avec cette luxation, et vous adapter pour éviter qu’elle vous fasse trop mal : fuir certaines situations, éviter toute prise de risque. Il n’empêche qu’elle est là en permanence, qu’elle vous fait un peu mal tout le temps, et même parfois très mal, qu’elle vous handicape au quotidien, qu’elle crée d’autres problèmes parasites, et que TOUTE votre descendance va en hériter.

L’heure du choix

Maintenant, je vous propose de faire un petit exercice. Mettez vos deux mains devant vous, paumes vers le haut, comme si vous teniez une orange dans chaque main.

  • Dans la main gauche (statu quo), imaginez que vous déposez toute la douleur que va engendrer votre luxation émotionnelle pour le reste de votre vie, ou même seulement pour les dix prochaines années. Mettez-y toutes vos ruminations, vos doutes, vos désarrois, les déchirements, les occasions manquées, toutes les fois où vous vous laissez manquer de respect, et la culpabilité de voir vos enfants prendre votre suite.
  • Dans la main droite (thérapie), imaginez que vous déposez l’effort que va vous demander le travail sur vous : l’inconfort de vous regarder vraiment en face, d’affronter vos peurs, d’apprendre de nouvelles façons de fonctionner.

Pour vous, quelle main est la plus chargée et pénible à moyen terme ?

Si vous constatez que le statu quo va vous être plus pénible que la thérapie, prenez rendez-vous avec le coach/psy/thérapeute qui vous inspire le plus confiance… 😉

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