La semaine dernière, je vous ai expliqué ce qu’est l’amour de soi et pourquoi il est primordial de s’aimer soi-même pour être heureux. Aujourd’hui, je vais vous raconter comment se construit l’amour de soi – dans l’enfance d’abord, et comment évoluer quand on a pris un mauvais départ.

L’amour de soi se construit dès la naissance

Dès les premières minutes de sa vie, et probablement même dans le ventre de sa mère, le nourrisson sent s’il est accueilli avec amour et bienveillance par ses parents : par le ton de leur voix, leur façon de le toucher, de le caresser, etc. C’est un garçon et ils voulaient une fille (ou l’inverse) ? Il a les yeux de l’oncle Jean-Pierre ? Il ne comprend pas bien ce qui se passe, mais il sent si ses parents sont heureux ou déçus, et il va commencer à intérioriser le sentiment d’être valable – ou pas.

Et ça va continuer dans les jours et les semaines qui vont suivre : viennent-ils rapidement quand il pleure ou le laissent-ils pleurer longuement ? Lui font-ils des gouzi-gouzis et des bisous en changeant sa couche ? Comment lui parlent-ils ?

Et ainsi de suite tout au long de son enfance : l’enfant qui se sent accueilli, bienvenu, avec qui ses parents ont plaisir à jouer, à échanger, qui se sent aimé même quand il fait des bêtises va développer un amour de lui solide. Mais celui dont les parents sont peu disponibles, ou qui le laissent pleurer en croyant bien faire, ou qui projettent sur l’enfant leurs propres fêlures, etc., l’enfant que ses parents n’aiment pas « bien » va penser que c’est lui qui n’est pas aimable. Il ne peut pas penser que ses parents sont fragiles, maladroits, dépassés par la situation ou névrosés. Il pense que c’est lui le problème. Et cette croyance va le suivre toute sa vie.

Enfin, des accidents de la vie peuvent causer beaucoup de dégâts, même quand on a reçu beaucoup d’amour au départ. Une expérience de rejet à l’école suite à un déménagement, ou le fait d’être mis durablement de côté par ses parents parce qu’un autre enfant est malade, par exemple, peuvent faire beaucoup de mal, même quand on est déjà adolescent.

Apprendre à s’aimer

Heureusement, il est possible d’apprendre à s’aimer à l’âge adulte. Même ceux qui ont eu des parents méchants, toxiques, violents, abusifs peuvent apprendre à s’aimer. C’est souvent émotionnellement éprouvant, mais le jeu en vaut vraiment la chandelle.

1- Pour commencer, il y a tout un tas de croyances limitantes à détricoter. Encore faut-il identifier que ce sont des croyances, ce qui est difficile : le principe même d’une croyance, ce qui fait sa force, c’est qu’on croit que c’est vrai ! Voici quelques croyances limitantes classiques pour vous aider à les identifier :

  • Je ne suis pas aimable.
  • S’ils savaient qui je suis vraiment, ils me rejetteraient.
  • Je dois être gentil / intelligent / performant / souriant / effacé / (autre) pour qu’on m’aime.
  • Je ne suis pas assez intelligent / intéressant / (autre).
  • Tout ce que mes parents ont fait, c’était pour mon bien.
  • Mes parents avaient raison.
  • Je dois faire passer les besoins des autres avant les miens, sinon je suis égoïste.
  • Je dois tout savoir.
  • Je n’ai pas le droit de me tromper.
  • Je dois être parfait.
  • Il est possible de ne jamais se tromper / d’être parfait.

2- Il faut également passer par une phase d’indignation et de colère vis-à-vis de ceux qui vous ont blessé, qui vous ont fait croire que vous n’étiez pas assez bien. C’est une phase qui fait souvent peur, et pour cause : la colère à exprimer, bloquée en vous depuis l’enfance, a la même intensité que le jour où vous l’avez refoulée. Si vous avez déjà vu une colère d’enfant, vous imaginez à quel point ça peut être intense… et aussi très bref !

Par ailleurs, dites-vous que les émotions que vous refoulez restent présentes en vous, et s’expriment d’une façon ou d’une autre. Je ferai un article séparé sur les émotions refoulées parce que celui-ci est déjà bien long !

3- Il faut aussi s’entraîner à voir ce qui fonctionne, ce qui est bien, s’auto-féliciter. Pour cela, il a quelques croyances limitantes à chasser de votre système, mais c’est surtout un entraînement, une sorte de gym de l’esprit. Si, pendant des années, votre cerveau a appris à se focaliser sur le négatif, vous pouvez lui apprendre à se concentrer sur le positif. Ça prend un peu de temps, mais avec un peu de patience et de discipline c’est tout à fait faisable.

4- L’amour de soi trouve sa source dans les contacts physiques, les caresses, les câlins. Aussi, multipliez les contacts, avec des gens que vous aimez, ou avec des inconnus comme dans les « Câlins gratuits » de cette vidéo. Peu importe, pourvu que vous ayez votre dose de tendresse !

Remarquez, au passage, la différence de qualité dans les câlins montrés dans cette vidéo. C’est flagrant à la 13ème seconde : les câlins de la fille au premier sont profonds, ceux du garçon au second plan sont furtifs.

5- Enfin, pour vraiment apprendre à s’aimer, il faut être aimé et accepté par quelqu’un tel que l’on est, avec cet amour inconditionnel qu’on aurait dû recevoir quand on était petits. Si l’aide d’un thérapeute est très utile pour débusquer les croyances, apprendre à penser positif et à gérer ses émotions, elle est en général indispensable pour cette partie du travail. En effet, il est presque impossible de trouver en dehors de la thérapie quelqu’un qui va vous accueillir inconditionnellement. Les amis et les amoureux donnent un amour conditionnel. Vos parents n’ont pas su vous donner cette qualité d’amour quand vous étiez enfant, il y a peu de chances qu’ils y parviennent aujourd’hui. Les seuls à vous aimer inconditionnellement, ce sont vos enfants si vous en avez – mais ce n’est pas leur rôle de vous soutenir.

Il y a plein de choses en développement personnel qu’on peut faire par soi-même, sans l’aide d’un professionnel (ça prend beaucoup plus de temps mais c’est possible). Si vous ne vous aimez pas, en revanche, vous n’y arriverez pas seul. Faites-vous aider.

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