J’ai regardé « J’ai décidé d’être heureux » la semaine dernière sur M6, dont le thème est le coaching au bonheur. D’après le pitch de l’émission, il est possible d’apprendre à être heureux (et à le rester) en seulement 2 mois. Il y a de très bonnes choses dans cette émission, et aussi des moins bonnes à mon avis. Etat des lieux. On commence par les mauvaises – c’est pour mieux finir sur du positif . 🙂

Jordi Quoidbach, Laurence Bibas, Stéphane Plaza et Karim Ngosso : l’équipe de « J’ai décidé d’être heureux »

 

Les défauts de cette émission

La promesse me semble excessive

Imaginez une émission qui promettrait de transformer des personnes obèses n’ayant pas fait de sport depuis des années en marathoniens, et ce en seulement 2 mois. Ça vous semblerait irréaliste, non ? Et bien là, c’est un peu ce qu’ils se proposent de faire. Certains des participants sont dans une position de vie très négative, et ce depuis trrrrrrrrrrès longtemps (voire toujours). Or voir la vie en rose, c’est une capacité à développer, comme la condition physique. Il faut un peu de temps pour passer de tout noir à tout rose. Au final, je suis convaincue que les participants seront plus heureux à la fin de l’aventure qu’au début, mais de là à se sentir heureux, je suis plus sceptique. Qui plus est, notre cerveau est ainsi fait qu’il résiste au changement. C’est comme quand on essaie de courir avec un élastique dans le dos : on a une force qui nous ramène au point de départ. En développement personnel, c’est pareil : il faut un peu de discipline et de patience pour installer un changement profond, sinon on risque de retomber dans les mêmes travers. Pour les participants qui partent avec une très faible estime d’eux-mêmes, c’est ce qui risque de se produire à la fin des 2 mois de coaching.

 Des techniques « gagdget »et bling-bling

J’imagine que Jordi Quoidbach, le concepteur de l’émission, a été confronté à un dilemme : montrer des techniques utiles, facilement applicables par les téléspectateurs et en protégeant les participants (il ne serait pas déontologique de les surexposer dans un coaching intime face caméra !). Pas simple de remplir ces 3 conditions ! Du coup, celles qu’on a vues pour le moment me semblent plutôt anecdotiques. Pire : certaines sont bling-bling, comme le fait de marcher sur des braises pour illustrer la capacité à dépasser des limites. Ça en jette, c’est télégénique, mais :

  1. je fais comment pour refaire ça dans mon salon, moi ? c’est pareil pour le ballon à l’hélium.
  2. ils n’ont ab-so-lu-ment pas expliqué comment on fait pour dépasser un blocage. Sans la présence de la caméra et l’insistance du coach sportif, plusieurs participants ne l’auraient pas fait.

Ses qualités

Ce qui est montré fonctionne

Bon, c’est  la moindre des choses, mais c’est déjà énorme comme qualité ! Je connais toutes les techniques présentées jusqu’ici, je les ai expérimentées moi-même et je peux certifier qu’elles sont efficaces (même si je pense qu’il y en a de plus efficaces encore). Il faut dire que le concepteur de l’émission, Jordi Quoidbach, a l’air tout ce qu’il y a de plus sérieux. La seule réserve que j’aie à son sujet (outre le fait qu’il ait accepté de monter cette émission avec M6, nobody’s perfect…), c’est qu’il y a une différence entre être chercheur en bonheurologie et être coach-bonheur pour de vrai. Pour le moment je ne le sens pas pleinement accompagnant, mais c’est peut-être parce qu’il lui faut du temps pour s’habituer à la caméra (il était manifestement très nerveux au début du 1er opus).

Ca parle de coaching

Bah oui, du vrai coaching – enfin presque, disons du coaching en mode bisounours. Pas du coaching déco, ou du coaching en image, qui sont en fait du conseil rebaptisé coaching (voir ce que j’en pense ici). Un objectif (être heureux) => plan d’action => mise en action =>évaluation des résultats. Simple et efficace, comme j’aime ! Ca me semble plutôt bon pour l’image du coaching, donc je suis contente !

Ca démontre qu’il est possible d’évoluer rapidement

En France où la chose psychologique est dominée par la psychanalyse, le public a souvent l’impression qu’il faut des années et des années d’une analyse extrêmement coûteuse avant de se sentir mieux. Grâce à cette émission, il vont voir au contraire qu’on peut obtenir d’excellents résultats en peu de temps. Mieux : beaucoup rejette en bloc la pratique thérapeutique régressive, qui consiste à brasser le passé à l’envie pour y trouver l’explication de nos malheurs actuels. Or si cette pratique est utile, notamment pour les grands dépressifs, elle n’est pas la meilleure pour ceux qui vont pas trop mal et qui veulent juste apprendre à fonctionner un peu mieux. On va voir grâce à Jordi Quoidbach qu’on peut apprendre à être heureux sans aller réveiller tous les fantômes du passé. Ca devrait donner envie à plus d’un !

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